Les travaux de recherche de Claire Blanche-Benveniste
par Magali Rouquier, Sandrine Caddeo, Frédéric Sabio

Claire Blanche-Benveniste acquiert une solide formation en philologie romane médiévale à la Sorbonne, notamment avec R.-L. Wagner et J. Boutière. Elle était aussi spécialiste d’ancien provençal et a travaillé au début de sa carrière sur les femmes troubadours, notamment sur la Comtesse de Die.
Après trois ans passés au Liban comme assistante, elle a occupé un poste d’assistante à Lyon puis à la Sorbonne. En 1964, elle est nommée assistante au département de linguistique française de l’Université d’Aix-en-Provence, dirigé par Jean Stéfanini. Elle y fera toute sa carrière jusqu’en 2000 pour terminer au grade de Professeur de classe exceptionnelle. De 1994 à 2002, elle est Directeur d’Études à l’EPHE. En 2002, elle préside la Société Linguistique de Paris. Elle reçoit la Légion d'Honneur en 2004 et le  titre de Docteur Honoris Causa de la K.U. Leuven en 2007.

Elle collabore avec André Chervel avec qui elle publie en 1969, chez Maspéro, L’Orthographe (réédité en 1978).

De l'approche pronominale au français parlé

Elle rencontre Karel Van Den Eynde, linguiste africaniste, en 1968 à l’Université de Lovanium à Kinshasa et élabore avec lui le cadre de l’Approche Pronominale. Elle en fait sa thèse sous la direction de R.-L. Wagner. Cette thèse sera publiée chez Champion en 1975. Elle publie un autre ouvrage sur l’Approche Pronominale en 1984 écrit en collaboration avec Jean Stéfanini, José Deulofeu et Karel Van den Eynde : Pronom et syntaxe. L’approche pronominale et son application au français. L’Approche Pronominale est "une nouvelle approche de la description du français", et revendique l’héritage de deux traditions linguistiques :

"- celle des grammairiens français formés à l’école comparatiste, comme A. Meillet, G. Guillaume, R.-L. Wagner, qui mettaient au centre de leur étude la découverte du système grammatical des langues à partir d’une analyse détaillée de la morphologie flexionnelle, ce qui leur permettait de poser le problème de la variation dialectale et du changement linguistique,

- celle du structuralisme américain […] : la recherche des catégories, l’étude des complémentarités, la répartition en niveaux et l’analyse en traits distinctifs leur fournissaient une méthodologie générale puissante, apte à décrire les systèmes particuliers des langues." (Pronom et syntaxe. L’approche pronominale et son application au français, 1984)

Dans l’Approche Pronominale, Claire Blanche-Benveniste remet en cause la phrase comme unité de description et choisit le verbe. Les pronoms, ou plus généralement les proformes, sont utilisés comme des indicateurs de constructions. L’argument est morphologique :

"Par ailleurs, dans certaines langues comme le français, le verbe est une unité dont les constructions syntaxiques sont en partie morphologiquement contrôlables par les clitiques. En revanche, il n’y a pas en français de réalisation morphologique propre à la <phrase>." (Pronom et syntaxe. L’approche pronominale et son application au français, 1984).

Le français parlé